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ACTUALITE du : Friday 13 March 2009

Les sociétés de production de bioéthanol connaissent des difficultés mais selon les experts l'industrie va survivre

Il n'y a pas si longtemps, le biocarburant éthanol était considéré comme un attrait, au moment où le prix du pétrole grimpait en flèche et où le monde se concentrait sur la réduction des émissions de carbone.



Mais les sociétés qui produisent de l'éthanol semblent connaître des difficultés.


Ainsi, des producteurs canadiens remettent en cause leurs plans de construction ou d'investissement d'usine de production d'éthanol et certaines sociétés américaines licencient leurs équipements.



"Toutefois, compte tenu de la récession économique et de la baisse du pétrole brut, et comme le coût de production de l'éthanol est assez élevé, aucune de ces productions n'est alors rentable," a dit Suren Kulshreshtha, un professeur d'économie agricole à l'Université de Saskatchewan dans le Saskatoon.



Kulshreshtha a pourtant beaucoup parlé du développement du biocarburant au moment où les prix du pétrole ont grimpés. En effet, l'éthanol, qui est traditionnellement produit à partir de la fermentation de maïs, de blé, ou de canne à sucre, a été perçu comme une façon de contribuer à la baisse du prix aux pompes en prolongeant la provision d'énergie mondiale et en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.



"L'éthanol était très profitable il y a deçà quelques années," a dit Alfons Weersink, un professeur travaillant au sein du département de l'économie des ressources agricoles et alimentaires à l'Université de Guelph dans l'Ontario.



"Récemment le prix du pétrole et celui de l'éthanol sont tombés, mais le prix du maïs n'a pas baissé aussi vite et c'est pourquoi les marges de ces usines de production d'éthanol ont chuté."



Parmi ces sociétés qui illustrent cette étude se trouve la société Lignol Energy Corp, basée à Vancouver.



Lignol a en effet annoncé au début du mois qu'elle suspendait ses plans de développement avec son partenaire Suncor, d'un montant initial de 80 millions d'US$80, à cause des prix d'énergie instables et des marchés financiers chancelants.


Le projet, qui devait être construit dans la région de Grand Junction (Colorado), était en développement depuis trois ans.



En janvier, Suncor a annoncé quant à elle qu'elle gelait, pendant au moins un an, l'extension d'une de ses usines de production d'éthanol, d'un montant de 120 millions de $.


GreenField Ethanol a aussi remis des plans pour une facilité de production dans Hensall, Ont.



L'Association canadienne des carburants renouvelable reconnaît qu'il y a des challenges industriels. Mais le président de cette association, Gordon Quaiattini, a avoué que ces changements étaient moins la cause du prix pétrole qu'à la capacité des entreprises à pouvoir attirer les financements pour ces projets.



A cela s'ajoute une baisse de la demande énergétique consécutive à l'effondrement de l'économie.



"Nous ne sommes pas encore dans la situation de fermeture d'usines. Cela va juste nous demander plus de temps pour augmenter la capacité de nos usine," a-t-il dit.


"Personne ici ne parle de la fermeture d'usines ou des choses de ce genre".


"C'est une période de défi, mais l'ensemble de l'économie est en train de muter et la baisse de la demande du carburant pour le transport entraîne fatalement une diminution des prix du pétrole."



Quaiattini estime que le véritable avenir pour l'industrie de l'éthanol se situe au sud de la frontière.



Selon l'Association des biocarburants basée à Washington, le district fédéral de Columbia, la production est actuellement au plus bas et des douzaines d'usines ont du fermer ces derniers mois.



Plus de 190 raffineries ont été construites pour lancer presque 48 milliards de litres d'éthanol.


Cependant, le porte-parole de l'association, M. Hartwig Mat, annonce que seulement 40 milliards de litres pourront être produits.



VeraSun Energy Corporation, le deuxième plus gros producteur d'éthanol aux États-unis, a flirté avec la banqueroute le 31 octobre après avoir subi des pertes significatives en raison d'une hausse spectaculaire dans le coût du maïs nécessaire à la production du biocarburant.


VeraSun a alors mis sept de ses usines de production bioéthanol en vente aux enchères.



"La principale raison, qui est la même pour toute industrie qui lutte actuellement, est la crise financière et l'accès au crédit" pose Hartwig.



"Nous avons certes connu d'importants tumultes dans le passé dans l'industrie pétrolière et avons survécu à ceux-ci. Pourtant, cela est différent cette fois-ci à cause de la récession économique sans précédent dans laquelle nous sommes actuellement."



"C'est un ensemble d'événements, qui pris individuellement auraient probablement pu être mieux surmontés par l'industrie, mais l'arrivée simultanée de l'ensemble de ces facteurs est un défi pour l'industrie du bioéthanol."



Mais Hartwig, Quaiattini, Kulshreshtha et Weersink prévoient tous, qu'indépendamment des difficultés actuelles, l'industrie survivra dans chacun des deux pays pour plusieurs raisons.



D'une part, la sécurité énergétique énergie est un enjeu énorme aux États-unis et Weersink affirme ainsi que c'est devenu "le principal facteur pour la production d'éthanol" au sud du pays.



"Ce qu'il essayent de faire, c'est de réduire leur dépendance vis-à-vis du carburant fossile en provenance de l'étranger. La production de biocarburant est un moyen de s'affranchir de la dépendance énergétique étrangère avec un atout supplémentaire lié à des bénéfices environnementaux."



D'autre part, le Canada et les États-unis ont aussi des objectifs en termes de production et de consommation de biocarburants qui devraient entrer en vigueur dans les années à venir.



Des sociétés canadiennes produisent actuellement 1,3 milliard de litres d'éthanol.


Quaiattini affirme cependant qu'elles auraient besoin d'en produire 2 milliards par an pour atteindre les objectifs du gouvernement fédéral, fixant à 5% la part de biocarburant dans les besoins et consommations énergétiques totaux.



Finalement, les experts reconnaissent que le prix de pétrole devra nécessairement remonter.



"Le prix du pétrole va à la longue continuer à monter et dès lors, il ne fait aucun doute selon moi que l'industrie de biocarburant va s'améliorer en conséquence," affirme Kulshreshtha.




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